PLACE PUBLIQUE

LE VILLAGE
 
AccueilCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Cendy Undergroud (Episode 1)

Aller en bas 
AuteurMessage
Arnaud

avatar

Masculin Nombre de messages : 12
Age : 48
Date d'inscription : 31/05/2006

MessageSujet: Cendy Undergroud (Episode 1)   Mer 31 Mai - 19:16

____________________________________
« Il était une fois Cendrillon. Pour ses trente ans, comme tout le monde de ma génération le sait pertinemment, c’est la plus triste des mamans parce que le prince charmant a foutu le camp sur son beau cheval blanc avec la Belle au Bois Dormant. Cendrillon a vu cent étalons blancs loin d'elle emmener ses enfants. Et ses rêves


aussi. A-t-elle vraiment commencé à boire ? A traîner dans les bars ? De toute façon, une chose est désormais de notoriété publique : elle ne vit plus qu’emmitouflée dans son cafard. Enfermée au château, elle quitte plus ses douillets appartements, loin du monde des vivants qui ne l’atteint plus. Elle en a fuit le froid et la chaleur est devenue inepte. Elle a voulu oublier le bruit et le silence a perdu sens. Et quand les "Téléphone" ne sont pas en sonnerie polyphonique, dans son monde à elle, elle se jette sur les antidépresseurs qui n’arrivent même plus à lui faire oublier les Gens de Cour.
Las, eux seuls ont accès à son âme mais ne la réchauffe guère de leurs viles flagorneries de courtisans intéressés. Chacun a une intention. Tous ont un lobby.
Ainsi va la Cour.
Voilà à quoi se résume son monde.
Tristement.
Alors Cendrillon, pour ne pas sombrer, regarde de vieux films de famille. Shrek, son cousin par alliance depuis qu’il a épousée Fiona, parvient encore mais à peine à lui extorquer un de ces sourires magiques et mystérieux, jocondien en un mot. De ceux qui ont fait la légende de la Belle Parvenue.
Mais le miroir magique hérité de sa Belle-Sœur Blanche Neige reste muet.
Ben vi, pour qu’il parle, il faut l’interroger. Même Harry Potter savait ça avant d’arriver à Poudlard. Cendrillon, elle, se tait. Et le miroir, le beau miroir aussi du même coup. Lâcheté, lassitude ? Nul ne le sait. Elle se laisse aller, bercée par rigueur facile du protocole et des horaires du palais, si froide routine, si rassurante aussi.
- Allons, il est temps. C’est l’heure des Audiences de la Cour », lui rappelle sa Dame de Compagnie.
La voilà donc, étendue sur une méridienne cramoisie, à écouter les courtisans qui défilent et lui servent de ces bons mots. C’est à qui la flattera et lui réchauffera l’âme. Certains maladroits lui rappellent le temps jadis où elle était follement amoureuse de son Prince. L’inopportun est immédiatement chassé du Palais.

Figure légendaire statufiée avant l'âge, on prétend que celui qui lui tirera un éclat de rire sera couvert de merveilles dont la moindre n’est pas son amitié, voire plus si affinités.

La missive qu’avait reçu Baloo de son vieil ami Sardo le Chat Botté était sans équivoque. La Princesse dépérissait et il était grand temps d’y mettre de l’ordre. D’après le Chat, son ami plantigrade avait le profil parfait.

C’est ainsi qu’arriva Baloo dans la Cité Sainte du Monde Magique. Il lui faudrait également aller saluer son ami le vieux Merlin dit « L’enchanteur » dont on ne savait s’il était un peu fou ou carrément génial. Toujours est-il que Baloo ne manquerait pas l’occasion d’aller étancher de sa sagesse, croisée toujours avec plaisir au fil de ses propres errances. Tout le monde avait appris sans trop y croire la bise brouille de Baloo avec Mowgli (qui l’aurait viré de sa bande à ce que disait la rumeur)… Certains affirmaient que même Baghera avait tenté de les réconcilier, sans succès autre que celui de voir Baloo quitter la jungle. D’autres encore, en ville cette fois,


affirmaient qu’il était simplement de passage. Pour consulter le vieux mage prétendaient les milieux autorisés.

Mais son ami le Chat Botté qui avait plus d’un tour dans son sac, savait que la querelle entre Baloo et son protégé était née avec l’amour de celui-ci pour une jeune Indienne de sa connaissance. Baloo s’était senti bien seul. Et voilà comment il avait pris la route, quittant sa jungle et erré jusqu’à se retrouver à aider Robin Wood dans sa quête. Richard de retour, Marianne épousée par son ami le Goupil, il s’en était reparti à nouveau par monts et par vaux, cherchant quel ennemi à sa mesure à qui clouer le bec.

Reçu derechef avec l'atrait de la nouveauté, il avait salué Cendrillon et lui avait narré quelques siennes aventures à l’oreille et miracle, elle avait souri. Bien sûr on était loin de l’éclat de rire attendu Seigneur son ami le Chat. Mais n’était-ce pas déjà extraordinaire comme début ? Alors qu’il ne connaissait rien d’elle.

Et voilà qu’il était de retour. Mais il était fort ennuyé par le peu de retour que lui donnait Cendrillon. Leur conversation tournait au monologue… Il avait beau poser des questions, l’inviter à se livrer quelques peus, rien n’y faisait.

On l’avait pourtant prévenu. Il était écrit : « une entrevue vaut mieux que de vains discours » à l’entrée de la salle d’audience… Que faire alors ? L’inviter à une entrevue individuelle ? Il ne savait que penser mais au moins avait-il trouvé une nouvelle quête… Réussir à emmener Cendrillon loin de ce palais et de cette cour bruyante pour un dîner en ville.


Dernière édition par le Jeu 1 Juin - 11:56, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaud

avatar

Masculin Nombre de messages : 12
Age : 48
Date d'inscription : 31/05/2006

MessageSujet: Re: Cendy Undergroud (Episode 1)   Jeu 1 Juin - 10:47

______________________________________
Non mais sans rire, qui est vous ? »
Baloo attaqua bille en tête. Ils étaient attablés dans une brasserie à l’orée du Bois des Songes que l’ours bonhomme avait choisi pour son choix de poisson et de fruit de mer, et ses desserts au chocolat. Cendrillon, qui avait pour l’occasion délaissé sa tenue de cour et ses célèbres pantoufles de vair contre une tenue de ville plus discrète, le regarda de ses grands yeux bruns et ne dit mot. Puis, doucement, ses fines lèvres dessinèrent un sourire avant que de s’entrouvrirent.

Mais aucun mot ne s’échappa de sa gorge. Baloo leva un sourcil interrogateur, formant le vœu d’entendre une phrase, rien qu’une, en vain.

Le doux plantigrade se rappela que son invitation, lancée telle un défi et sur laquelle il n’aurait joué un kopek, avait été acceptée en une bande, par ricochet, au second degré, bref via sa Dame de compagnie.
La Belle, une fois encore s’était dérobée…



J’aime beaucoup ce que vous faites. »
Ces mots avaient planés ou plutôt flottés entre deux eaux, comme un commentaire sous-marinier tout droit sorti de dessous le petit bonnet rouge de Jean-Yves Cousteau, dit « Commandant ».
« Je rêve ».
Le grand mammifère carnivore de grande taille (quoique...), au pelage épais (encore que…), aux membres armées de griffes (me ferais bien une manucure, moi) et au museau allongé (mais non pas tant que cela !) eut un sourcil fou le temps d’un instant et failli recraché la gorgée de Chablis 1er Cru de la maison Fourchaume qu’il trouvait pourtant si gouleyant… Il n’aurait pu dire si ce trouble qui l’assaillit était de l’énervement ou de l’amusement, mais il eut peur de devenir blanc... Cendrillon, bien que cela restait flatteur dans sa jolie bouche, n’avait-elle rien d’autre à lui dire, après tout ce temps ?
Pendant qu’un ange passait bruyamment - ou était-ce un gros bourdon ?-, le jouet d’enfant ayant l’apparence d’un ourson (moi, une peluche, moi, un doudou ?) s’éclaircit la voix. Et clôt ses yeux.
- 21 mars 1927. Minuit et demi. Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac; il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable en cet instant que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même - de la chair d'homme. »
Quand Baloo se tût, Cendrillon le regardait, perplexe…
- Mais qu’est-ce que cela ? »
L’homme insociable, qui fuit la société eut un rire carnassier.
- Voyez-vous, chère Princesse, c’est là que je me demande si vous êtes complètement superficielle ou juste ingénue. Vous ne vous donnez point mais êtes toute ouïe au moindre flatteur qui passe à portée de voix. Vous aimez que l’on vous distraie mais n’y participer que du bout des lèvres… On pourrait lire en tout cela une certaine inconséquence non feinte. Mais je ne le crois pas. Je pense que vous aimez jouer. Jusqu’à un certain point, du moins. Moi qui ne cherchait guère plus que d’amitié sincère et désintéressée, me voilà marri. Sachez qu’en matière de Princesse, j’ai donné à loisir. Dix longues années où je me retrouvai enfermé au donjon de l’une d’entre vous, Duchesse de son état, me faisant passer pour son O’Maley. Et moi, me tuant à la tache car celle-ci me laisse respirer et voguer sous d’autres cieux, outre que de pouvoir assumer les onéreux caprices de la dame. Voyez-vous, ce n’est pas à peine libéré de ces chaînes que je quémande l’embastillement derechef. Mais si la chose vous échappe, si c’est de vous distraire qu’il s’agit, si fait, Madame, si c’est point avec partage. »
Il se leva lentement et la regarda dans les yeux.
- Vous ne m’avez pas répondu… » dit-elle.
- Comme vous, ces jours-ci. Pour éclairer votre esprit, il s’agit des premières lignes de « La Condition Humaine » de Monsieur André Malraux. Vous l’étudiez, il me semble. N’ai-je vu ce volume sur vos genoux en audience ? Ou était-ce le poids du Monde sur vos épaules ? Peu importe, à vous revoir, Madame, quand vous ne serez plus indisposée … », fit-il en posant son couvre chef de travers sur sa grosse tête.



L’ours jeta quelques écus sur la table et demanda son cheval sans se retourner. Il rata l’étrier en montant en selle et se retrouva au sol dans un grand bruit sourd, sentant son sang battre à ses tempes. ‘boum boum, boum boum, …’ Il songea « Parfait, c’était parfait… »

C’est alors que Baloo, couvert de sueur, se réveilla en sursaut. Il était dans sa chambre. Arffff, un cauchemar… Et ce toc toc qui continue… Il réalisa soudain que ce n’était pas son cœur battant la chamade qu’il entendait mais quelqu’un qui tambourinait à la porte. Il se leva mais les coups cessèrent. On avait glissé un pli par-dessous. Il s’en saisit et reconnut le cachet. La cire était marquée du seau du palais…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaud

avatar

Masculin Nombre de messages : 12
Age : 48
Date d'inscription : 31/05/2006

MessageSujet: Re: Cendy Undergroud (Episode 1)   Jeu 1 Juin - 17:41


_______________________________________
Une douceur infinie gifla le visage de Baloo quant ils pénètrent dans les Serres du Chat Botté. La Fée Clochette se déplaçait à sa hauteur de cette démarche mystérieuse qui laissait à penser qu’elle planait au dessus du sol. Un hydroglisseur en robe longue. Cette pensée le fit sourire. La magicienne tourna son visage. Elle souriait également. L’avait-elle entendu penser ? Ce jeu de divinatoire durait entre eux depuis si longtemps qu’il avait peine à se souvenir de quand cela avait commencer. Et comme leur don ultracognitif était de force similaire, ils n’avaient jamais pu pénétrer l’esprit de l’autre sans sa permission.

Ils avançaient entre les parterres savamment organisés entre plantes d’ornement, médicinales et potagères dans un curieux et splendide agencement édenien. Des fontaines sculpturales murmuraient leur chant d’eaux. Des oiseaux colorés traversaient l’espace protégé en chantant et semblant jouer dans ce printemps perpétuel. Enfin au centre de l’immense et pourtant si légère construction, ils arrivèrent devant un espace ouvert et circulaire où se dressait une sorte de tente en voile de tule. Sous celui-ci, le Chat Botté, Seigneur Sardo, tenait conseil informel. Ecoutant un des 50 seigneurs du Monde Carinien, il leur jeta un regard amusé, malgré la fatigue, et continua sa conversation.

Baloo ne connaissait que de vue son interlocuteur. Mais s’il n’oubliait jamais un visage -et celui-ci ne lui était certes pas inconnu-, il en était tout autre chose des noms et des circonstances… Et il avait ressenti une ombre trouble, furtive quant leurs regards s’étaient croisés. Il chercha dans sa mémoire. Qui était-ce ?... Il enrageait de ne point se souvenir... Sûrement un des Courtisans du palais. Mais déjà, la Fée Clochette l’entrenaît-elle vers un banc.

- Asseyez-vous, Seigneur Baloo, il n’en a plus pour très longtemps » dit-elle en disparaissant déjà. Il pensa à cet ordre qu'elle venait de lui donner. Bizarre, lui, le chef de guerre, le mercenaire le plus


célèbre des 7 Royaumes Magiques, acceptait cela sans sourciller. Il songea au nombre de ces petits ordres reçus chaque jour auxquels il se pliait sans broncher. Il en sourit.

Décidément ce lieu était propice à la rêverie. Comme dans l’instant, ses pensées le submergèrent. L’image de la Petite Fée le renvoya au visage de la Princesse Cendrillon. Il songea qu’elle n’aurait pas approuvé les derniers événements et leur action. Sa demande allait dans un tout autre sens. Mais une femme, plus encore une mère, ne se bat pas pour ses idées, elle le fait d’abord pour la survie de ses enfants. A cette pensée, il se trouva gentiment réactionnaire et sourit.

Un bien-être palpable l’envahissait doucement. Entre le son de l’eau glissant des fontaines, on percevait une lointaine mélopée. Toute cette ambiance le poussait à se laisser griser, envoûter par la douceur du moment. Son âme était chez lui, au milieu de sa Jungle lointaine, dans ses jardins suspendus, loin du tumulte martial et des sarcasmes guerriers qui montaient doucement. Il y revoyait le printemps. Il se sentait tellement bien…

- Baloo ?»
Il entendait une voix lointaine mais qui lui rappelait vaguement quelque chose…
- Allons, Baloo !? »

Il émergea enfin, son regard redevint clair. Face à lui, le visage de Sardo était hillare.

- Elle t’a eu cette fois. Elle t’a fait asseoir sur le banc que je réserve à mes invités … disons…trop énervés pour dialoguer ! »
- Quoi … Sardo… Qui m’a… Clochette !? »

Tout en Sardo riait, des moustaches à la queue.

- Moque-toi. Elle a lâchement profité de mes pensées préoccupées. La garce. »
- Allons, tu te vengeras, je te fais confiance. Vois-tu ces plantes là et là ? Elles diffusent des spores qui ont des effets … euh … délicieusement relaxants, ne trouves-tu pas ? »

Et il repartit de son petit rire amusé.

- Sardo, où en sommes-nous ? As-tu reçu mon pli ?»
- Tu as raison, passons aux choses sérieuses. »
- As-tu reçu quelques réponses du Prince Charmant ? »
- Charmant demande des précisions sur nos intentions concrètes. Pour le reste, il usera de sa nouvelle marotte. ‘Ceci fera l’objet d’un vote et de longues discussions’. »
- Je vois. Il joue au démocrate. Le fait que Cendrillon veuille nous engager pour venger son honneur bafoué ne l’émeut guère.»
- Je ne sais s’il joue ou si sa volonté est plus profonde. Seul l’avenir nous le dira. Mais nous avons provoqué une secousse salvatrice chez les 50 Seigneurs du Royaume. L’annonce que Dame Cendrillon fasse appel à nos services


pour venger son honneur à vexer plus d’un Courtisan. Mais je pense que Charmant reste convaincu que nous avons séduit la Princesse par ambition et intérêt personnel et non pour la juste cause qu’elle nous demande de défendre. »
- Nous connaît-il si mal ?»
- Je ne le pense pas mais sans doute la colère l’aveugle et certains esprits ambitieux cherchent-ils à l’égarer. »
- Il ne sait donc pas combien cette situation nouvelle nous peine et nous est amère ? »
- Pour l’instant, il focalise sa rancune sur moi. D’après mes informateurs, tu ne serais que messager, faisant fi de tes exploits passés. »
- Pour l’instant… Bref …Nous voilà donc dans un cas de figure que nous nommions ‘le pire des cas’ …»
- Je ne doute pas que c’est la bonne voie que celle que nous avons choisie. En quoiqu’il en soit, je préfère tomber en défendant mes idées, dans l’erreur peut-être, mais fidèle à notre quête et à nos principes, en homme libre. »
- Savais-tu que l’on nous nomme les nouveaux despotes ?Au Palais, tous murmurent que Cendrillon seule ne peut tenir le Royaume et que nous voulons jouer les Eminences Grises… »
- Bah, si nous sommes des despotes éclairées, pourquoi pas. C’est déjà mieux qu’un monarque absolu qui se pense de droit divin comme se voit Charmant. Tout cela pour noyer le fait qu’il a trompé son monde et s’est enfui avec la Belle au Bois Dormant. Ce coureur mérite une bonne correction pour ses mœurs légères et le peut de cas qu’il fit de sa Dame. »

Sardo le Chat Botté se remit à rire.

- Et tout le monde sait que nous avons toujours aimé la bagarre. Viens, nous avons encore beaucoup de travail et de chose à vérifier avant que d’accepter formellement de devenir les Champions de Cendrillon.»

[NdA : Tu auras sans doute reconnu un texte 'GaZL' reconditionné... Fainéant que je suis ! Allez pour la peine, je t'offre un épisode supplémentaire Very Happy ]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaud

avatar

Masculin Nombre de messages : 12
Age : 48
Date d'inscription : 31/05/2006

MessageSujet: Re: Cendy Undergroud (Episode 1)   Jeu 1 Juin - 17:48


____________________________________________
La pièce avait de quoi surprendre. De l’extérieur, on ne voyait qu’une modeste et désuète masure. Mais une fois la porte franchie, on découvrait un immense espace, croisement de la caverne d’Alibaba, d’un loft de standing et de la bibliothèque d’Alexandrie. On dominait un espace gigantesque dont on aurait dit qu’il était creusé dans les entrailles de la terre. Un embroglio de passerelles et d’escaliers menait de plateformes en labo, de chambres de lecture en petit salon de réception. Des senteurs exotiques, des grimoires antédiluviens, des ustensiles sans âge et de toute forme habillaient le tout, faisant songer inévitablement au Grand Bazar



d’Istanbul, au pied de la Mosquée Bleue… A n’en pas douter, Merlin avait usé de ses dons pour se terraformer un antre à sa mesure ! Impressionnant, en diable…

Baloo patientait, assis dans un immense canapé qui, s’avançant sous lui, avait pris la forme de son corps, miraculeusement, procurant instantanément un confort si naturel qu’inouïe. Il tenait en sa main un bout de parchemin, estampé du Palais… Pour la trois cent quarante-deuxième fois, il relut les quelques mots écrits finement calligraphiés au dos de la Wild Cart l’invitant à participer au Grand Tournoi des Champions des 7 Royaumes Magiques.
« Mon Honneur est Vôtre. Soyez mon Ami et mon Champion. C. »

Un Tournoi.
- Non point, avait répondit l’Enchanteur, LE tournoi !!! Chaque été, celui-ci est organisé dans l’un des 7 Royaumes, tour à tour, et chacun y envoie un Champion. Le vaillant ainsi honoré doit défendre les couleurs du sien souverain et de tout son peuple. Et tout l’univers les regarde…Des paris et enjeux, je ne te parle même pas… Quelle chance, quelle distinction, la Princesse t’offre là !»
- Mais, Merlin, comment sortir de cette galère ? »
- Hé hé, Galère, tu nommes l’honneur qui t’est ainsi rendu ? Seulement sais-tu combien de toi jaloux en sont ? »
La chose n’était pas aisée en effet. Que d’envieux prétendants allaient en être vexés ! Et bien plus qualifiés que lui, le corsaire, habitué au combat de campagne, à la bagarre de grands chemins, du maquis, de guérilla, d’escarmouches… Le voilà dans de beaux draps en effet, alors que sa seule ambition n’avait jamais été que d’obtenir un dîner en ville... Qu’allait-il faire en un tournoi dont il ne connaissait pas la moindre convenance ou convention. Certains courtisans passaient leur vie à les apprendre pour un jour être prêt !

En outre et pour couronner le tout, Baloo s’en voulait de son impulsion première. Las, se précipiter chez son ami Sardo le Chat Botté n’avait pas été le meilleur. Il était devenu fin politicien, puissant invisible, richissime usurier. De beaucoup, il avait changé depuis leurs vieilles campagnes de corsaires. Alors inséparables comparses, ils ne mettaient leurs armes et âmes uniquement au service des causes qui leur paraissaient justes et nobles. Ainsi avaient-ils aidé Robin, le briton goupil. Ainsi secondaient-ils Dumbledore. Et combien d’autres ! Que de méchants pourfendus, de malfrats confondus, de soudards définitivement calmés… Eux-mêmes, Baloo par sa Duchesse, le Chat Botté par la Fée Clochette, n’y avaient pas échappé, bagués et disciplinés par celles qui devinrent alors leurs légitimes compagnes !

Mais au jour d’aujourd’hui, au nom de l’ambition, de son caractère belliqueux et va-t-en-guerre puis surtout, surtout, de cette ancienne balafre qui lui ceignait le front, marque indélébile de l’antique mais toujours vivant contentieux qui les opposait, Charmant et lui, Sardo-Mister-The-Bootsed-Cat le poussait sur une voie qui n’était pas sienne et dont les conséquences pouvait être dramatiques pour l’ensemble du Monde Magique. Mais n’était-il pas le Felix de ces Bois ?




Son félin compagnon d’armes avait sauté sur l’occasion comme larron en foire et Adam sur un caleçon. « Nous lui ferons rendre gorge, à ce snobinard de Charmant, lavant mon honneur et celui de la Princesse, joignant l’utile à l’agréable. Cela nous procurera une place nouvelle à la Cour et qui sait, nous pourrions y faire de grandes choses…» avait-il sentencé presque pour lui-même, en se lissant les moustaches, les yeux jaunes brillant d’un éclat trop vif et laissant échapper un ronronnement d’aise. Et avait de suite mis en route communication, entraînement, coaching, sponsoring … Une vraie campagne était déjà en route en moins de 10 minutes.
- Business is business, my friend » miaula Botté.

Baloo sursauta au grand bruit qui lui assaillit les oreilles. Merlin venait encore une fois de renverser une pile de vieux livres et un nuage de poussière planait dans la lumière du soir.
- Nom d’un petit elfe, mais où je mis ce grimoire… », jura le vieux mage, la toque de travers et la longue barbe en bataille, avant de replonger dans sa présente séance de spéléologie bibliothécaire.
Baloo sourit un instant à le voir littéralement nager au milieu des volumes. Pourquoi donc n’usait il donc pas de sa magie pour clore sa quête du moment ? … Il aurait bien mieux valu venir le voir en premier. Quand il lui eut exposé son dilemme, le sage et fou Merlin l’avait regardé de ses yeux vifs et marmonné une petite phrase.
- Tout est dans l’enjeu… Un vieil ami tibétain disait toujours ‘Apprends les règles pour savoir comment les transgresser correctement.’ Dalaï a toujours été un être de lumière ! », avait-il marmonné avant de partir dans ses petits éclats de rire dont on ne savait s’ils tenaient de la quinte de toux ou du cri de souris ! Et fila se perdre entre les rayons sa bibliothèque.
Ce savant capharnaüm avait quelque chose de merveilleux renforcé encore par un coup de baguette qui fit apparaître entre les mains de Baloo une petite tasse chaude emplie d’une noisette parfaite d’équilibre entre le corsage de l’expresso, la légèreté de mousse de lait et la douceur du sucre fin, le tout accompagné d’une truffe digne du Maître Marcolini. Un régal que de devoir patienter dans ces conditions…

Apprendre les règles pour savoir comment les transgresser correctement… Baloo pouvait-il décemment décliné cette mission ? En avait-il seulement envie ? S’il savait qu’il l’aiderait, il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’avait Merlin en tête, au milieu de toute sa fantaisie, pour s’être ainsi précipité à la recherche du volume perdu Patientant, voguant au coeur de ses pensées, il se mit à chantonner cette ritournelle d’un sien ami troubadour, le sieur Voulzy, en tournant la cuillère dans sa tasse machinalement…
«C'est une fille d'Avril
Pauvre de moi
Une fille difficile
Elle ne veut pas
Découvrir d'un fil
Tout ce qu'elle a
Ni son cœur, ni son corps
C'est comme ça… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arnaud

avatar

Masculin Nombre de messages : 12
Age : 48
Date d'inscription : 31/05/2006

MessageSujet: Re: Cendy Undergroud (Episode 1)   Ven 2 Juin - 19:51

___________________________________
Reprenant son souffle, Merlin lui expliqua enfin qu’en tant que membre du conseil des 7 Sages, il disposait du règlement fondateur du fameux Tournoi. Il en fût même co-rédacteur à l’époque. « Relisons-le et voyons ce que nous pouvons en tirer… » S’il ne se trompait pas, le Royaume organisateur avait choix du lieu de la rencontre, de l’époque ainsi que du choix des armes… « Hihihi. » avait-il ri avant de replonger armé d’un masque et d’un tuba, au milieu d’une mer de volume qu’était devenue sa bibliothèque.
Une fois de plus, c’était à se demander pourquoi il ne lançait quelque ordre magique pour que le petit livre s’extraie de lui-même de l’immense savoir compilé là-dessous…
Baloo, dans l’expectative, repartit où il en était de ses réflexions interrompues. Il regarda le petit bout de parchemin posé là à côté de la petite tasse…
Pour tout dire, il connaissait à peine la princesse… Euphémisme absolu en effet car ce n’était pas ces minauderies de Cour qui lui auraient donné l’opportunité de la découvrir plus avant. Il s’était donc amusé de sa verve facile, sa répartie et de son sens de la formule à lui narrer anecdotes et facéties, les errances de sa vie éclairées sous un rien d’ironie, une bonne dose de métaphore et, de tant à autre, matinées de ce qu’il faut de cynisme. Il s’était résolu à distraire la Gente Dame de son lot quotidien, tout autant, pensait-il, que des affres du temps passé.
Partout en ville, on lui avait dit que Dame Cendrillon aimait à s’en canailler en Audience à l’écoute d’aventuriers de tout poil qui passaient dans l’aire de son Palais. Elle les mêlait à ses courtisans courroucés de se voir ainsi traités. Elle passait des heures dispendieuses à se perdre dans le récit fantasque de leurs existences tumultueuses, leurs jours palpitants et leurs exploits lointains. Baloo aurait juré qu’elle aurait donné cher pour s’évader de sa prison luxueuse, bardée des ces lourdes chaînes que sont Convenances et Protocole, et pas seulement en songe…
Les jours passaient ainsi sur ses propres contes. La Princesse ne s’était pas privé de l’encourager en ce sens… Il aurait tant aimé… Qu’il la rencontra en d’autres lieux, loin des mondanités de sa Cour. Sans doute alors les choses eussent été différentes. Encore que… Ce formalisme et toute sa contraignante lourdeur lui laissaient présentement le loisir d’une relation courtoise où nul ne se sentait le besoin de se dénuder devant l’autre, de se livrer corps et âme, de mettre cœur et tripes sur la table pour voir ce qu’ils renferment vraiment…
En aurait-il seulement eu le courage, lui dont une rixe contre 100 adversaires à la porte de Nelle avait la légende, de lui avouer sa platitude…
Comme tant d’autre, commun au plus profond du commun, de ces Messieurs les Moyens de ces Bois Joly, sa simple vue, pas même sur papier glacé, l’avait bouleversé, laissé coi, absorbé tout à l’émotion de l’instantané, à leur première rencontre, dans la seconde où il la vit. Lui dire encore, comme un garçonnet pris sur le fait, combien il avait été ébloui et défait par la finesse des traits de son visage, par l’improbable lumière qui vous assaillait à la moindre ébauche de



sourire, quant la Noble Dame vous gratifiait de cet insigne honneur…
Au point même qu’il se refusait de lui imaginer un éclat de rire, trop effrayé de se voir liquéfié en guimauve. Aurait-il seulement l’audace et l’impudence d’évoquer cette douce et tendre mélancolie qui, tue et silencieuse, passait sans mot dire sur ses yeux bruns, d’ombre insaisissable en fragilité furtive. Comment aurait-il pu échapper à ce sort jeté, à cet envoûtement digne des grands maîtres Vaudous.
Comment n’aurait-il été conquis dans l’instant ?
Alors, pour se ramener du ciel léger, par delà les nuages, si haut que le Soleil n’y fait jamais défaut, à sa chère terre de boue, de sang et de sueur, il avait été fort et réaliste. Il se mira en pied dans quelques glaces de la salle d’Audience, au milieu de la faune des Courtisans. Il avait soupiré. Comme on pousse une longue plainte. Et s’était avancé pour lui parler.
Mais alors qu’elle l’écoutait divaguer sur des chemins aventureux, le soleil avait déchiré les nuages. Elle avait sourit… C’est ainsi que naquit sa vocation nouvelle. Il s’y plia sans arrière-pensée. Pouvait-il y avoir tâche plus douce que de la distraire. Et là, il pourrait briller, abstrait du fâcheux réel.

_______________________________________
- Un tournoi aux petits suisses ? »
Le Grand chambellan n’en croyait pas ses oreilles
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Cendy Undergroud (Episode 1)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Cendy Undergroud (Episode 1)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» CENDY ? girls just wanna have fun.
» Episode Charlotte aux Fraises vintage, doublage français !!!
» Casusbelli au pays de Sissi - Episode 3
» Episode hors série Joyeux Noel PB et Les musclés
» Episode final mariage de Nicolas

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLACE PUBLIQUE :: Echanges-
Sauter vers: